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TROMPES DE CHASSE …Il est en-cor-e temps de ne plus vous tromper !

Publié le 23.10.2021

Lieu: Saint-Hubert

Trompes de chasse….Il est en-cor-e temps de ne plus vous tromper !

La trompe de chasse, à ne pas confondre avec le cor, est indéfectiblement liée à cette activité ancestrale qu’est la chasse au gibier, la chasse à courre en particulier. Alors que la saison des grandes chasses a débuté en octobre et que cet instrument est mis à l’honneur le 3 novembre à Saint-Hubert, le moment n’est-il pas opportun de s’intéresser à cet instrument à vent très particulier ?

Le cor ou la trompe ?

Le cor et la trompe sont deux instruments utilisés pour communiquer à la chasse, pas la chasse à tir la plus connue mais la chasse à courre (de moins en) moins répandue.

Commençons par le cor ! Son origine primitive est la corne évidée d’un animal : bœuf, buffle, bélier… Ensuite, il fut fait de bois, d’argent, de bronze, d’airain et même d’or. Il prit l’appellation d’olifant quand il fut en ivoire. En forme d’arc de cercle, il ne nécessitait pas d’apprentissage particulier vu qu’il n’offrait qu’une seule note plus ou moins longue. Utilisé depuis l’époque des Romains, il a servi jusqu’à la fin du XVIème siècle et disparu au terme du règne de Louis XIV. Dans l’intervalle, on “cornait” les repas, les guerres et les chasses. Le cor permettait de sonner des “cornures”. Avec une sorte d’alphabet comme le morse, en sonnant plus ou moins fort dans l’instrument, son utilisateur faisait passer des messages. A la chasse, les veneurs s’en servaient donc pour communiquer entre eux. Ce cor ne doit pas être confondu avec le cor d’harmonie, doté de pistons, qui fait partie des cuivres et se retrouve souvent intégré dans un orchestre.

Venons-en à la trompe ! Son origine n’est autre que le tuba, un tube enroulé et porté en sautoir, autrement dit à l’épaule. Il émet plusieurs notes qui permettent d’exécuter des “fanfares”, le nom donné aux morceaux de musique pour trompes de chasse. Il en découle la nécessité d’un apprentissage relativement long. Aussi long que le tube en laiton qui le compose et mesure plus de… 4,5 m de long ! Les premières trompes, accordées en ut, sont apparues vers 1700 en France. Vers 1705, le Marquis de Dampierre a créé une trompe enroulée sur un tour et demi, de 4,545 m de long pour être précis ! Depuis cette date, la tonalité de la trompe de chasse est le ré, d’où l’expression de “trompe en ré”. C’est la première vraie trompe de chasse. Vers 1729, pour marquer la naissance du fils de Louis XV, Lebrun, facteur de trompes, a créé la Dauphine qui était enroulée sur deux tours et demi. Pour ne pas que les chasseurs doivent se décoiffer à la chasse, ces deux trompes avaient un diamètre relativement important à cause de la grandeur des coiffes, des bicornes et des tricornes, qu’ils portaient. Avec pour gros désavantage une fragilité conséquente. Le choc avec une branche suffisait à les détruire. Après la Révolution, le Duc d’Orléans a remonté la Vénerie Royale et “imposé” les tenues d’équitation encore portées de nos jours. C’est alors qu’est apparue la trompe à trois tours et demi, appelée la trompe d’Orléans, toujours utilisée actuellement. En France il ne reste plus que quatre facteurs de trompes. Les Chinois en réalisent des copies, d’une qualité lamentable selon les spécialistes, et donc très décevantes pour de jeunes sonneurs qui croyaient avoir acquis une vraie trompe à bon compte.

Le métal qui sert à fabriquer une trompe est le laiton d’une épaisseur de 3 à 4 dixièmes de millimètres, ce qui la rend très légère, environ 800 grammes. Les trompes de qualité sont encore fabriquées entièrement à la main et nécessitent environ quatre journées de travail. Une trompe de ce type coûte environ 1.500 à 2.000 euros. A bon entendeur, ou à bon sonneur…

Des fanfares et de ruses

Lors d’une chasse à courre, telle qu’elle ne se pratique plus en Belgique mais encore ailleurs comme en France, la trompe de chasse est le moyen naturel de communiquer à tous les membres de l’équipage sur les faits de chasse, et notamment les ruses des animaux avec des fanfares appelées « fanfares de circonstance ». Elles servent à indiquer aux veneurs le déroulement et l’évolution de la chasse à courre en fonction des… circonstances. Les animaux chassés à courre et poursuivis par une meute font montre de ressources insoupçonnées qu’ils n’ont souvent pas le temps d’utiliser à la chasse à tirs. Tous les animaux ont une panoplie de ruses qui leur faisaient échapper aux meutes de loups par le passé. Et des chiens aujourd’hui. En termes de vènerie, un chevreuil ou un lièvre peuvent, par exemple, « retenir ses sentiments ». Pendant une courte période, le lièvre se rase et le chevreuil se tapit. Ils n’émettent alors plus aucune odeur. Ils restent cachés sans bouger et les chiens passent à côté sans rien sentir. Le sanglier, en général, va foncer. Il va repasser dans la bauge pour mélanger les voies, ses odeurs, à celles de ses congénères. Le cerf va lui pousser d’autres jeunes cerfs à prendre la fuite et ira se cacher immobile en espérant que les chiens prennent la trace des plus jeunes. Les ruses des animaux chassés n’ont pas changé, les fanfares d’animaux et de circonstance, une cinquantaine en tout, n’ont dès lors guère évolué. Pour localiser un gibier qui quitte une forêt et déboule dans des champs, la fanfare s’appelle “le débuché”. S’il va dans la plaine, c’est la fanfare “la plaine”. S’il rentre dans la forêt voisine, c’est “le changement de forêt”. S’il revient au point de départ, c’est “le rembuché”… Et si la meute prend la trace d’un mauvais animal, on sonne “le change”. Il y a bien une fanfare, plus récente, qui s’appelle “le passage du chemin de fer” pour prévenir de cette situation liée aux temps modernes.

Rendre les honneurs

Il existe une vingtaine de groupes en Belgique. Sonner est une passion et la trompe demande un entraînement individuel régulier en plus des répétitions du groupe, parfois hebdomadaires, destinées à l’apprentissage de morceaux à effectuer en public lors de messes, concerts… Pour certains sonneurs, cela représente une cinquantaine de prestations par an. D’octobre à fin décembre, des sociétés de chasse leur demandent d’animer les tableaux pour rendre les honneurs au gibier au terme des chasses à tir. Heureusement d’ailleurs pour le futur de la trompe de chasse, cette coutume allemande de « sonner le tableau », avec une fanfare différente pour chaque gibier, s’est installée en Belgique. Et partout cela se termine par… la « Saint-Hubert » !

Où les écouter ?

Chaque 3 novembre, la ville de Saint-Hubert fête son saint patron. Lors de cet évènement, une grand-messe est sonnée à 11h en la Basilique par les sonneurs de trompes de chasse, le Royal Forêt Saint-Hubert et les Trompes de chasse de Luxembourg. Au cours de cette célébration a lieu la bénédiction des pains suivie de la bénédiction des animaux. Selon la croyance, ce rituel préservait hommes et bêtes de la rage. D’autres animations sont organisées à l’occasion de ce fête religieuse et folklorique : marché artisanal, expositions, visites guidées,…

– Autre temps fort de la cité borquine, les Hubertoises ont eu lieu le 1er week-end de septembre avec divers moments où les trompes se font entendre : une grand-messe sonnée et le spectacle historique. Ce spectacle retrace le passé majestueux de la ville et rassemble de nombreux figurants en costume d’époque. Et les sonneurs s’impliquent en sonnant dans les saynètes disséminées dans la cité.

– Le 3 novembre dans d’autres localités qui fêtent la Saint-Hubert comme Comblain-au-Pont ou à l’Abbaye d’Aulne (Thuin),…

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