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Le Musée Redouté à Saint-Hubert

Publié le 23.09.2021

Lieu: Saint-Hubert

Installé à Saint-Hubert, au numéro 11 de la rue Redouté, le Musée Pierre-Joseph Redouté présente en permanence des œuvres originales du « Raphaël des fleurs », des objets qui lui ont appartenu, ainsi que quelques gravures de son jeune frère, Henri-Joseph. Depuis peu, il expose également des œuvres liées à l’histoire de l’ancienne abbaye de Saint-Hubert.


Après deux années de fermeture, la scénographie a été renouvelée. Les deux salles du rez-de-chaussée présentent un récit historique et original de la vie des frères Redouté à Saint-Hubert puis des premières années de leur carrière à Paris. Dans l’attente d’un nouvel aménagement, l’étage présente les roses au temps de Pierre-Joseph Redouté.

Les Redouté à Saint-Hubert


L’histoire des Redouté s’inscrit au sein des Pays-Bas autrichiens. La Principauté de Liège exerce son influence et convoite encore et toujours la Terre de Saint-Hubert. Celle-ci est dominée par sa puissante abbaye : l’abbé impose son autorité par la crosse et par l’épée.

Originaire de la région de Dinant-Philippeville, Jean-Jacques Redouté arrive à Saint-Hubert sous l’abbatiat de Clément Lefèbvre. Il entre au service de l’abbaye afin d’entreprendre divers travaux de peinture dans le cadre du nouvel aménagement de l’abbatiale et de la construction du nouveau quartier abbatial. Il collabore avec le maître peintre de l’Académie de Saint-Luc à Paris, Nicolas Thierry, natif de Saint-Hubert. Tous ces projets seront poursuivis par l’abbé Célestin De Jong et finalisés par l’abbé Nicolas Spirlet. En 1734, son fils Charles effectue des travaux de peinture au château de Bure, résidence d’été des abbés. En 1737, il se rend à Paris afin de parfaire son métier. Peut-être avait-il l’intention de s’y installer, mais il revient à Saint-Hubert en 1743 où le travail ne manque pas à la suite du départ de son père et du décès de Nicolas Thierry. Il s’installe et épouse une fille de la ville. Ils auront six enfants dont quatre fils. L’aîné meurt à la naissance. Les trois autres deviendront des peintres renommés.

Antoine-Ferdinand, Pierre-Joseph et Henri-Joseph, tous doués pour le dessin, travaillent avec leur père et fréquentent l’école paroissiale. Ils observent les esquisses, dessins, gravures, objets accumulés au fil du temps dans l’atelier de leur père. Ils s’exercent à l’antique et à l’anatomie, ainsi qu’à la peinture de décor. Les trois frères admirent toutes les œuvres rassemblées dans l’église et dans les bâtiments abbatiaux comme s’ils visitaient un musée. Ils bénéficient aussi de l’importante bibliothèque de l’abbaye, côtoyant des frères et des moines cultivés comme Dom Robert Hickmann, médecin et pharmacien. Dans la ville ou dans la maison, les frères rencontrent des artisans et des artistes comme Jean-Baptiste Le Gay, maître sculpteur venant de Paris. Ils croisent à l’occasion les nombreux émigrés borquins installés à Paris et de retour au pays pour leurs affaires.

Nous ne savons rien du travail d’Antoine-Ferdinand à Saint-Hubert. Nous savons qu’il part à Paris en 1774, sollicité par Philippe-Joseph-Hyacinthe Titeux, natif de Saint-Hubert et parti dans la ville des Lumières une dizaine d’années auparavant. Excellent déjà dans la réalisation de peintures de décor, Antoine-Ferdinand est engagé pour exécuter des travaux de peintures au Grand Théâtre de Bordeaux alors en construction. Philippe-Joseph-Hyacinthe Titeux, natif de Saint-Hubert, émigré à Paris une dizaine d’années auparavant, y effectue des travaux de sculpture sous la direction de son ami, le célèbre architecte néo-classique, Victor Louis.

Nous en savons un peu plus concernant Pierre-Joseph. Il travaille dans le Brabant. Il reste notamment à Vilvorde. Il s’exerce à différentes techniques des écoles bruxelloises et anversoises. Il voyage en Flandre et même, semble-t-il, aux Pays-Bas. En 1775, un peintre nommé André l’invite à venir l’aider à décorer le château de Carlsbourg, au Duché de Bouillon. Ses premières expériences artistiques ont été rendues possibles grâce au soutien de l’abbé Spirlet et de l’un de ses proches, Laurent-Benoît Dewez, premier architecte du Gouverneur des Pays-Bas autrichiens, qui l’emmène sur ses nombreux chantiers. En 1777, Pierre-Joseph réalise une « Chasse à l’ours » pour un particulier de Saint-Hubert. Seule œuvre de jeunesse conservée, cette peinture en bon état est toujours visible dans un immeuble de la Place du Marché. Après la mort de son père et la réalisation de cette œuvre, il repart dans le Brabant à Heylissem où Dewez reconstruit l’abbaye. Il ira ensuite à Luxembourg pour effectuer des portraits. Puis, il partira à Paris.

Ses frères partis, Henri-Joseph, dit Redouté le jeune, exerce aussi des activités de peintre pour l’abbaye de 1781 à 1785. Ainsi, par exemple, il peint les quatre roues et le train d’un carrosse de l’abbé sous les ordres de Le Gay ; il travaille pour la chapelle Saint-Roch ; il restaure des tableaux pour des particuliers ; il peint des croisées et des volets,… Il est bien occupé et soutient sa mère. Mais l’appel de Paris est plus fort que tout.

Les Redouté à Paris : la vie en rose et noir 

Au Salon de 1798, le peintre Louis Léopold Boilly (1761-1845) présente Réunion d’artistes dans l’atelier d’Isabey (Huile sur toile, 72 x 111cm, Musée du Louvre, Paris). Boilly immortalise une rencontre réelle ou imaginaire d’artistes dans l’atelier du peintre Isabey. Une rencontre d’amis de la même génération, des hommes exclusivement, tous autour de la quarantaine, le plus souvent émigrés à Paris. Ils sont tous amis ou proches du nouvel homme en vue : Napoléon Bonaparte. Il termine la Campagne d’Italie et entame celle d’Egypte. Le 19 juillet 1798, s’ouvre le Salon de Paris au Muséum central des arts de la République (Musée du Louvre) où chacun présente ses dernières réalisations. Au milieu des Isabey, Girodet, Chaudet, Percier, Fontaine, Méhul, Prudhon, Talma,… se trouve Pierre-Joseph Redouté.
Cette année-là, les affaires des frères Redouté se portent plutôt bien.
Antoine-Ferdinand est débordé. Il envisage de s’associer aux frères Dubois pour créer une société. Elle bénéficiera de nombreuses commandes de décoration au palais de l’Elysée ainsi qu’aux châteaux de Malmaison et de Compiègne. A la mort d’Antoine-Ferdinand à Paris en 1809, ses fils Pierre-Ferdinand et Jacques poursuivront les affaires, sous le regard attentif de leurs oncles.
Après avoir entrepris plusieurs travaux avec son frère pour les botanistes Ventenat et Michaux, Henri-Joseph, désigné membre de la Commission des Sciences et Arts pour faire partie de l’Expédition d’Egypte, s’embarque le 13 mai à Toulon. Il débarque à Alexandrie le 6 juillet. Il reviendra à Paris près de quatre années plus tard. Dès ce moment, il participera à la Description de l’Egypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l’expédition de l’armée française, publié par les ordres de Sa Majesté l’Empereur Napoléon le Grand, ouvrage composé de neuf tomes de textes, onze tomes de planches éléphantine folio et deux tomes de planches double éléphantine folio. Il contribue pour soixante-huit planches au moins. Il devient peintre au Musée des sciences naturelles et membre de l’Institut d’Egypte. Il devient Chevalier de la Légion d’honneur en 1838. Il meurt à Paris en 1852.
Pierre-Joseph quant à lui s’est fait un prénom : il dessine, peint, publie. Il côtoie le tout Paris. Il s’est marié, il a trois jeunes enfants. Les amis sont nombreux. Il est très occupé à la livraison des 87 planches promises à Desfontaines pour le Flora Atlantica. On l’a dit peintre de la reine Marie-Antoinette, Pierre-Joseph sera protégé plus tard par l’impératrice Joséphine à qui il rendra hommage dans l’édition des Liliacées en 1802. Son décès en 1814 clôt la période faste de Pierre-Joseph Redouté. A partir de cette date et pendant dix années, il s’attèle, avec le naturaliste Thory, à la publication de son ouvrage qui lui vaut toujours la reconnaissance des spécialistes et des amateurs : Les Roses (trois volumes). D’autres publications suivront. En 1824, il donne ses premières leçons publiques dans la grande galerie Buffon devant plus de cent vingt auditeurs. En 1825, il est décoré de la Légion d’honneur. Il reçoit de nombreux élèves dans son atelier rue de Seine. Parmi ceux-ci relevons Mademoiselle d’Orléans qui deviendra Reine des Belges en 1832. En 1835, il est fait Chevalier de l’Ordre de Léopold.
Malgré leur qualité, ses ouvrages se vendent difficilement : « Monsieur Redouté a beaucoup de talent, mais il le fait bien payer et ses ouvrages ne sont guère de ceux qui conviennent à une Bibliothèque encore pauvre de livres utiles à l’étude », lui fait-on savoir. Ses difficultés financières s’accroissent. Sa fille Adélaïde meurt en 1822, son fils Charles en 1837. Pierre-Joseph meurt d’une congestion cérébrale le 13 juin 1840.

En pratique

Horaires d’ouverture
Juillet et août : ouvert tous les jours de 13h00 à 17h00
Visites guidées (FR) sur rendez-vous uniquement pour les groupes d’au moins 10 personnes.
De septembre à juin
Visites guidées (FR) uniquement, sur rendez-vous, pour des groupes d’au moins 10 personnes.
Tarifs
Adulte : 3 €
Moins de 14 ans : 1,50 €
14-21 : 2 €
Sénior : 3 €
Groupes d’adultes : 3 €/pers.
Groupes d’enfants : 1 €/pers.
Visites guidées (groupes d’adultes) : 25 €/guide + 3 €/pers.
Publications
Le Musée publie, à intervalle irrégulier et le plus souvent en collaboration avec d’autres intervenants, les ouvrages de la série Saint-Hubert en Ardenne, Art – Histoire – Folklore.
Adresses
Musée Pierre-Joseph Redouté
rue Redouté 11
6870 Saint-Hubert
info@museepjredoute.be
www.museepjredoute.be

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