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Le festival de Chassepierre

Publié le 28.06.2021

Lieu: Chassepierre

Des « Fragments inédits » pour un Festival de Chassepierre différent – (un article de Pascal Willems)
Le Festival international des Arts de la rue de Chassepierre est sans conteste l’un des plus appréciés, prisés même, fréquentés surtout… de la province de Luxembourg. Il fait partie de la quinzaine de festivals à maintenir son organisation cet été 2021. Mais sous une forme à la fois fragmentée et inédite.

Explications avec Charlotte Charles-Heep, la directrice du festival « Grand tour et marche des philosophes ».

Depuis le début de la crise du coronavirus, nous avons été contraints d’annuler l’édition 2020, la 47ème du nom. Mais nous avons néanmoins organisé les (ré)actions culturelles pour montrer que nous existions toujours et aider les artistes à travailler. Cela s’est concrétisé par trois week-ends symboliques qui ont ponctué le mois d’août avec trois spectacles par jour. Il y a tout de même eu du positif dans ce premier confinement. Il nous a permis de monter un partenariat avec Latitude 50 et Mars-Mons. Puis d’organiser « Le grand tour », une marche citoyenne, poétique et philosophique hors des idées battues : de Chassepierre à Mons, 200 km de rando-débat, 12 jours de dialogue ouvert à toutes et tous, marcheurs et marcheuses de tous horizons, citoyennes, citoyens et philosophes du quotidien… Ce projet, nous voulons le poursuivre en 2021 mais nous n’en avons pas encore défini la forme précise. C’est en cours de réflexion. Et nous attendons d’être justes et au bon moment. Il y eut aussi la marche des philosophes, maintenue en 2020, mise sur pied depuis 5 ans avec le CEC Tribal Souk à Fratin. Pendant 12 jours, nous randonnons en compagnie d’artistes et parfois avec des spectateurs, d’un village à l’autre pour jouer dans des lieux inhabituels, des fermes, des granges, des salons… Avec un impact au niveau des jauges. Dans un salon, c’est max dix personnes ! … Il est prévu de poursuivre en 2021, du 15 au 26 septembre. Les résidences artistiques lancées il y cinq ans, nos résidences artistiques poursuivent l’accueil de compagnies qui viennent répéter un nouveau spectacle et en présenter une avancée au public, sources d’échanges propices à le retravailler. Il nous a fallu les moduler et les décaler dans le temps. Cette année encore, il y en aura cinq avec le Théâtre du Nombril, un théâtre d’ombre, puis deux en juin et une en octobre. Nous avons pu maintenir ce travail artistique sans être trop impactés. Les sorties en public étaient réduites mais nous sommes tombés au moment où c’était ré-ouvert puis dans le cadre de « still standing for culture », mouvement dans lequel nous nous inscrivons.Et le Festival proprement dit ?Pour 2021, nous étions au départ partis sur un « simple » report de l’édition prévue en 2020. Mais on s’est rapidement dit que ce n’était pas gagné. Et nous avons commencé à travailler sur trois scenarii.
L’option 1, c’était le gros festival normal qui était prêt : l’affiche, le programme… « Restait » la mise en place à réactiver.
L’option 2, c’est un festival réduit avec 5000 personnes. Mais cela imposait une circulation possible des festivaliers, pas de distanciation, masques et gel…
Et la troisième option, malheureusement la plus dramatique, ce sont de 200 à 1000 personnes avec le maximum de mesures sanitaires.
Dans les faits, nous avons travaillé sur ces trois axes dans une incertitude continue, en ajoutant sans cesse des options. En réalité, nous avons préparé trois événements fictifs. Pendant l’hiver, nous avons espéré l’échéance de mars pour être fixés, puis nous avons attendu jusque fin avril, toujours rien, puis mai. Et là (NDR : interview réalisée le 27 mai), nous ne pouvons plus attendre. Chaque semaine compte quand on est aussi proches du mois d’août. Le Codeco a apporté une lueur d’espoir mais plutôt dans la tête des spectateurs avec un calendrier jusqu’à septembre, évoquant 5000 personnes et un retour à la quasi-normalité mais sans détails. Nous avons attendu un protocole précis pour ne pas nous lancer dans le plan B sans certitudes. Et ce qui est tombé à la mi-mai, sans arrêté ministériel pour confirmer, va jusqu’au 31 août, avec distanciation et sans circulation entre les publics… Nous sommes donc partis sur notre troisième option.

Le plan C ! Ce Plan C, baptisé « Fragments inédits », comprend 3 zones de spectacle dans le bas du village avec chacune son entrée, son parking, ses spectacles, jusqu’à 6 proposés avec une jauge de maximum 1000 personnes et sur réservation. En pratique, les gens choisiront leur zone et devront rester dans cet espace pour voir ses spectacles avec des possibilités de se restaurer. Notre volonté est de garder l’esprit du festival, de recréer l’énergie de Chassepierre avec l’accès PMR, la cohésion avec le village, la sensibilité environnementale… L’idée est de générer l’ambiance festival même si c’est par petites zones. Vu que les trois zones seront davantage dans les prairies environnantes, nous maintiendrons le marché artisanal au cœur du village avec un sens de circulation pour garder le contact avec les habitants et colorer leur lieu de vie. Le programme sera en ligne courant du mois de juin et la billetterie ouverte courant juillet. La réservation sera obligatoire. Sans vente sur place, il ne sera plus possible de venir en dernière minute !Nos conditions actuelles sont difficiles dans le sens où nous oeuvrons pour un événement de moindre ampleur mais qui exige beaucoup plus de travail qu’une édition normale avec les trois options envisagées. Il nous a fallu tout repenser en très peu de temps. C’est une énergie énorme de travailler dans l’incertitude. Ne jamais pouvoir se projeter, c’est fatigant. Il nous est impossible de nous retourner en quelques jours. L’équipe de base, nous sommes deux. Et puis il y a tous les bénévoles de l’asbl. Nous avons l’obligation de nous positionner en amont en fonction des réalités de territoire, des relations avec le pouvoir communal… En la matière, il y a une grande confiance entre la Commune et nous, d’autant que l’expérience 2020 a été positive. Nous avons expérimenté et vu ce qui fonctionnait ou pas. Nous nous attendons aussi à devoir reconquérir un public qui a vécu les grandes années. Il va y avoir la concurrence d’autres événements qui se sont concentrés sur l’été. Chassepierre reste un festival payant et la crise a eu des impacts sur les finances et les priorités des gens. Nous ne devons pas être trop confiants ! Il est primordial de bien communiquer sur ce que nous allons proposer réellement. Beaucoup pensent encore que nous proposerons cette année encore un festival « normal ».

Infos : www.chassepierre.be

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