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La maison d’édition L’âme de la Colline

Publié le 03.12.2022

Lieu: La Roche-en-Ardenne

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L’âme de la Colline est une maison d’édition située à La-Roche-en-Ardenne. Rencontre avec l’éditrice responsable, une autodidacte passionnée de livres et d’écriture, Marianne Bastogne.

Porter le livre, partout !

En 2006, la logopède Marianne Bastogne crée : Icil@Terre ; une asbl pluridisciplinaire qui sollicite le bien-être, la connexion à soi, aux autres et à la terre. Cette asbl est, depuis peu, présidée par Anne-Christelle Toussaint (Mierchamps).

D’abord autrice, l’écriture de Marianne Bastogne la conduit dans diverses dimensions artistiques et humaines. Il s’agit d’une voie qui, à des époques différentes a pris des colorations propres à un certain théâtre, des créations collectives, du jeu, de l’animation, des ateliers d’écriture, du conte et des lectures publiques. C’est une voie de guérison à travers tout un processus, qui intègre le silence.

Marianne Bastogne défend donc, depuis toujours, une écriture qui se transmet comme une façon de proclamer une parole et une poésie. Il s’agit avant tout de rendre le livre vivant ! « Le livre est un outil sur lequel je m’appuie » explique-t-elle et, à ce titre, elle a à cœur de l’emmener partout : à l’école, en crèche, en prison, dans les gares !

« Un jour, tu créeras une maison d’édition ! » lui a lancé une amie, il y a quelques années ; une maison d’édition qui pourrait trouver son nom dans les sonorités de « mélancolie ». C’est ainsi que le temps faisant son œuvre, en 2017, la prophétie se réalise : [Mélancolie] devient… [L’âme de la Colline] : la maison d’édition était née.

Transformer la mélancolie en quelque – chose de positif, c’est la teneur du slogan de la maison : « Un livre bleu apprivoise la nuit pour mieux faire naître le jour ».

Des livres qui transforment !

Installée dans la bergerie familiale sur les hauteurs de La Roche-en-Ardenne, sur nos collines locales, en connexion avec nos ancêtres, Marianne Bastogne tient au « C » majuscule de la « Colline ». Ce « C » l’élève à son sens universel. Il s’agit de prendre du recul sur soi et sur le monde pour le regarder de sa lecture perchée, et entrer en connexion.

La maison d’édition L’âme de la Colline mélange poésie et roman, dans des thèmes tant résilients que profonds. Les livres disponibles au catalogue portent en eux une forme de guérison. L’ouvrage devient alors un outil transformateur ; un médiateur, qui permet de fouiller dans les profondeurs de l’être et de réfléchir chez soi, en soi.

Actuellement, 4 livres ont été publiés : « Mille & Un poèmes » en 2018, « Saisons d’encre » en 2019, « Un si profond silence » en 2021 et « Du gouffre et des étoiles » en 2022.

« Il est vrai que deux livres sur quatre sont de moi, mais ce n’est pas une démarche d’autoédition ! se défend Marianne Bastogne. Je suis sur le terrain et dans l’échange avec autrui. La création d’un livre et son suivi demande une certaine implication sur du long terme. Je suis très attachée à cette mouvance sociale ». Marianne Bastogne aime en effet aussi associer des artistes-animateurs, des jeux autour du livre pour aborder le récit dans ses diverses dimensions. L’aspect pluridisciplinaire a ici toute son importance.

La terre, la nature, l’humanité sont également des thématiques fondamentales, comme en témoigne le recueil « Saisons d’encre », de David André : « Ce livre est une forme de méditation face aux saisons de la vie. Il évoque la terre qui, tournant, transforme nos paysages intérieurs et extérieurs ».

En outre, le livre d’Anne Guinot, « Un si profond silence » est le genre de livre avec lequel Marianne Bastogne se sent en pleine harmonie. « Il s’agit d’un livre singulier, personnel mais qui encourage le collectif à explorer ses terres intérieures pour en sortir grandi. L’ouvrage partage une réflexion et peut toucher chacun très profondément. Il conjugue une écriture poétique et une narration en prose, ce qui donne de la respiration, un souffle dans la lecture, des instants de pause. Les images sont puissantes. La poésie, c’est une grande magicienne ! », conclut Marianne Bastogne.

On n’aurait pas mieux dit !

Néanmoins, pour aboutir à un tel résultat, le travail est colossal. Notre éditrice ne ménage pas sa peine et son temps de bénévole pour aboutir à l’objet-livre souhaité.

Une « cabane » d’édition

 « Vous parlez de maison d’édition, mais vous savez, moi, je suis plutôt une cabane d’édition. Il y a des buildings d’édition -immenses-, des maisons -avec plus de confort-, moi, je suis une maraichère, proche de l’artisanat. »

La distribution est d’ailleurs une grosse difficulté pour de petites structures comme celle-ci. Marianne Bastogne nous confie : Je dois m’occuper du suivi, des rappels, des factures, et cela me demande beaucoup de temps. Quelques rares libraires ne payent même pas les ouvrages vendus. Fort heureusement cela est peu arrivé et généralement les libraires sont des passionnés, accueillants, honnêtes et que j’apprécie énormément de rencontrer ». Faire appel à un distributeur professionnel n’est pas dans les moyens d’une petite « cabane d’édition ». Cela exige de sérieuses ressources financières, induisant la nécessité de trouver des subsides, souvent conditionnés à une certaine rentabilité. L’âme de la Colline propose donc un fonctionnement ajusté à sa réalité, à sa philosophie de création.

Ainsi, dans sa démarche d’éditrice, Marianne Bastogne n’attend pas d’un auteur qu’il ne fasse qu’écrire, mais qu’il rende leur livre vivant sur une des scènes du monde. Se positionnant comme « accompagnatrice », plutôt que comme « soutien », l’éditrice est nourrie par cet élan débordant de création. Elle cherche au quotidien le subtil équilibre pour conserver l’autonomie de sa démarche, tout en emmenant avec elle ceux qui désirent collaborer à son projet.

Concrètement, si un nouvel auteur se présente à elle, il faudra :

  • Que le manuscrit soit singulier ; qu’il réponde à la ligne éditoriale ; qu’il soit porteur d’une dynamique de résilience, d’une dimension humaine, voire philosophique ; qu’il touche à l’individu comme au collectif ; que la forme mêle roman et poésie ;
  • Que l’auteur soit patient et s’engage sur le long terme dans un réel partenariat pluridisciplinaire ; qu’il aime partager et échanger…

Car ce qui anime Marianne Bastogne, c’est la rencontre. Elle, qui passe un nombre incalculable de soirées à discuter avec son auteur, à travailler en concertation avec lui, pour peaufiner l’objet-livre en construction. « A l’avenir, alerte-t-elle, il faudra peut-être faire des choix de commercialisation, politiques et personnels. Pour assurer la pérennité, je dois tenir compte davantage des enjeux contemporains dans le but de conserver l’autonomie de penser, de fonctionner… pour continuer à dire le beau, transporter chacun du roman à la poésie, de la montagne à l’océan ; du gouffre aux étoiles ! »

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